Je tape ma dissert, un tas de copies autour, des tas de fringues par terre. J'ai un peu froid et pourtant il faut que je termine. Je ne veux pas te prendre la main car ta main je n'en veux plus, elle n'est plus aussi douce que la nuit où nous avions trop bu et nous étions rentrés chez toi.
Le silence d'Alix est violent, difficile à comprendre. Je crains demain car je serai sûrement face à toi et il m'est difficile de t'imaginer encore. J'ai perdu les souvenirs sensoriels qui t'étais liés maintenant, je ne sais plus vraiment à quoi tu ressembles Alix, et peut-être, je dis bien peut-être que je ne veux plus savoir. Je me rappelle souvent de cette nuit où, à 3h du matin j'ai débarqué chez toi et c'est ton frère qui a ouvert. On était dans une sacré merde avec Laure car on avait nul part où dormir après une soirée je sais plus vraiment où. Toi tu n'étais pas là, tu étais en train de me tromper à Portivy et moi je ne le savais même pas. Je me suis allongée dans ton lit cette nuit là et j'y ai dormi en reniflant tes draps, en pleurant de-dans, position foetus, en chuchotant Je t'aime je t'aime je t'aime, qu'est-ce que je t'aime... J'y repense souvent c'est vrai, j'avais trouvé une pince marron glacé sur ta table de chevet mais je ne t'avais rien dit, car j'espérai du fond du coeur que ça n'appartenait pas à une fille que tu aurais baisé dans mon dos.
Aujourd'hui il n'y a plus qu'un silence de mort qui résonne entre nous, tu m'as manqué c'est vrai, et j'ai souffert de ton absence. Demain soir je te verrai, sous la lumière, un joint dans la bouche, encore, et je ne pourrai pas te parler, et tu ne pourras pas me parler, ni me regarder. Pourtant nous serons ensemble sans vraiment l'être au fond. Si proche et si loin à la fois.
C'est vrai, on choisit d'être heureux ou malheureux. Moi je ne suis pas heureuse en ce moment mais il n'empêche que je vais mieux. Je le sais, je le sens dans mon être, même s'il y a un terrible gouffre qui ne cesse de se creuser. Je n'aime personne, je ne sais pas vraiment aimé, ai-je déjà été amoureuse? Ca me parrait si lointain, une chose encore que j'ai oublié.
J'ai des trous dans les oreilles et les cheveux prunes. Un couple d'amis se détruisent et je me sens un peu responsable. Paul l'aime, mais je crois qu'à un moment donné elle a redouté l'amitié que j'avais avec lui et en a conclut qu'il fallait arrêter. Elle a peur de la peur, peur de l'angoisse, peur de la jalousie. Elle en a bavé avec lui pour dire vrai, il n'a pas toujours été comme ça. Je l'adore Paul mais je crois qu'il le mérite un peu au fond.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire